La peur des transitions
Dans le monde de l’informatique, s’il y a bien un mot redouté, c’est « transition ». Quoi de plus effrayant que d’avoir à changer ses habitudes, laborieusement acquises au fil du temps ?
Alors que les PC actuels sont tous équipés du dernier Windows 7, une grande majorité des ordinateurs en entreprise fonctionnent sous Windows XP – un système d’exploitation vieux de plus de 10 ans. Pourquoi une telle inertie ? Tout simplement parce que les responsables de parcs informatiques sont frileux et préfèrent quelque chose qui marche à une évolution trop hasardeuse qui casserait une machine jusqu’alors bien huilée … Mais on peut également observer la même tendance chez les particuliers, qui cherchent à garder leurs repères, même s’il renouvellent leur matériel.
Reculer pour mieux sauter ?
Mais revenons-en au sujet du jour: Microsoft a lancé un site dédié à l’abandon de son navigateur Internet Explorer 6. Du jamais vu dans le monde du marketing: une marque qui incite ses clients à ne plus utiliser un de ses produits ! En fait, si: cette situation arrive quand le produit en question est défectueux ou dangereux pour la santé… Je vous laisse le plaisir d’apprécier ce parallèle avec IE6.
En réalité, quel est le problème avec ce vieux IE6? Il est tout simplement dépassé: au niveau du support des standards du web moderne, en termes de performances et de sécurité, d’ergonomie, de confort d’utilisation … Et pourtant, sa part de marché mondiale reste importante: plus de 12% en février 2011. Ce navigateur, malgré ses défauts, s’est imposé sur les PC de la terre entière grâce à deux facteurs:
- au début des années 2000, son concurrent de l’époque, Netscape, venait de perdre la bataille des navigateurs. Le butineur de Microsoft avait ainsi le champ libre.
- il était installé par défaut sur tous les PC fonctionnant sous Windows XP.
Mais en 2011, ce navigateur est devenu dangereux pour vos données, non supporté par beaucoup d’acteurs du web, et ne dispose pas des dernières innovations (navigation par onglets, blocage des pop-up, très mauvais support du Javascript) . Internet Explorer 6 est un navigateur zombie.
Le navigateur, pièce maîtresse de l’informatique moderne
Pour le commun des mortels, le navigateur n’est qu’un outil pour aller sur Internet. Et la plupart se contentent bien de ce qu’ils ont; penseriez-vous à changer les sièges de votre voiture, même s’ils sont terriblement inconfortables ? Changer de navigateur, cela implique plusieurs choses: accepter et comprendre une mise à jour de son ordinateur (et s’il y a bien un domaine anxiogène, c’est la sécurité de son PC) ou encore craindre la perte de tous ses repères en optant pour une alternative.
Et justement, la raison pour laquelle Microsoft abandonne son vieux navigateur, c’est que sa relève est disponible: Internet Explorer 9 est téléchargeable gratuitement pour tous les utilisateurs de Windows Vista et 7 (dommage pour ceux qui seront restés sous XP), et se révèle un excellent programme, du moins de ce que l’on a pu lire sur la toile. Mais il y a d’autres navigateurs qui méritent le détour, si vous souhaitez voir un « web plus beau »: Google Chrome, Mozilla Firefox, Apple Safari, Opera …
Un navigateur performant est essentiel. Quand on sait que l’on passe désormais la plupart de notre temps sur Internet, autant bien choisir ses outils.
Bonne nouvelle pour les web designers ?
Et du point de vue du web design, on peut aussi commencer à pousser un ouf de soulagement. Même si les comportements étranges de IE6 ont tous des solutions, pallier à ces problèmes correspondait à une perte de temps considérable pour d’autres tâches bien plus intéressantes: ergonomie, design, typographie … Abandonner IE6, c’est aller de l’avant vers l’adoption des standards web « modernes ».
Personnellement, j’ai fait la transition vers le HTML5 pour les sites Internet que je réalise depuis la fin de l’année dernière. Tout en conservant la compatibilité avec tous les navigateurs, cela me permet d’intégrer à mes créations des fonctionnalités intéressantes, pour mes clients comme pour leurs utilisateurs. Et c’est ça le plus important, non ?




